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jeudi 11 mars 2010
Si « la grandeur d’une civilisation se mesure à la façon dont elle traite les plus faibles », comme le dit Jean Rostand, la France d’aujourd’hui est bien petite. Qu’on en juge. Pour le commissaire aux droits humains du Conseil de l’Europe, la France est avec la Moldavie le pays du continent dont les conditions de détention, provisoire comme durable, sont les plus dégradées. Le nombre de gardes à vue y est passé de quelque 300 000 en 2001 à près de 600 000 en 2008, trop souvent dans le mépris des droits des personnes et de leur dignité. Les salariés de sa plus grande entreprise de télécommunications se suicident par dizaines, victimes d’une gestion méprisante sans que le président de la société remette sa démission. Se Suicident également en nombre alarmant des policiers et des personnels hospitaliers pris dans la nasse d’objectifs intenables avec des moyens sans cesse réduits. Ses établissements psychiatriques sont sinistrés, après tant d’années de lits fermés. Faute de construire en nombre suffisant des logements sociaux pour tempérer les ravages de la spéculation immobilière dans ses centres-villes, la France bâtit un droit en carton pâte qu’elle baptise pompeusement droit au logement opposable. Ce droit des faux-semblants peut ouvrir sur une sanction de l’Etat qui ne peut garantir le droit constitutionnel de se loger. Mais le requérant, toujours sans logement, n’est pas le bénéficiaire de l’amende qui se trouve versée dans un fonds gouvernemental. Ses préfets se voient fixer des objectifs annuels d’expulsion d’immigrés. Le 20 octobre 2009, trois migrants afghans sont rapatriés en Afghanistan, si tant est qu’un pays puisse encore être une patrie quand vos conditions d’existence d’être humain n’y sont pas garanties. La France, à l’image de la Grande Bretagne, organise ce rapatriement forcé sur un champ de bataille. Elle n’a pas la force d’assurer la protection de trois Afghans. Elle les abandonne. Elle démantèle à Calais le lieu de rassemblement des migrants qualifié de « jungle » jusque par les migrants eux-mêmes. Si les bons Français avaient ainsi affaire à des animaux sauvages, l’expression renverrait-elle à l’idée que les citoyens nationaux sont des animaux domestiques, devant être vaccinés, obéissants et productifs ? Faut-il que la France ait perdu tout sens de l’hospitalité pour que s’impose dans le discours ambiant, sans protestation, cette assignation à la jungle d’êtres humains sans foyer, à la recherche d’un havre ? Faut-il qu’elle soit refermée sur elle-même pour imaginer que le monde entier des migrants se déverse sur elle ? C’est le Botswana, pays d’à peine deux millions d’habitants, et non la France, qui accueille en 2008 un demi-million de migrants zimbabwéens fuyant l’effondrement de leur économie. Ce sont l’Iran et le Pakistan et non la France qui accueillent le plus grand nombre de migrants afghans, et de loin. Ce sont la Jordanie et la Syrie, et non la France qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés irakiens. Ce sont les pays du Sud et non la patrie des droits de l’homme qui portent le poids des migrations le plus lourd. Et si c’était la société française qui devenait une jungle. Le socle établi par le Conseil National de la Résistance au sortir de la seconde guerre mondiale tient toujours, celui de la protection sociale et celui de la solidarité entre les classes et entre les générations. Mais la loi de la jungle, la loi du plus fort lui porte des coups redoublés. Les plus faibles, les plus isolés, les moins considérés, en sont les premières victimes, comme dans les troupeaux d’animaux sauvages. Quant au cheptel de citoyens domestiques, il devrait s’inquiéter qu’une entreprise de prédation opère dans son voisinage, toujours plus proche. Une entreprise qui met à mal les politiques de solidarité. Réduit le montant des impôts pour les plus riches, entreprises comme particuliers. Fait reculer l’impôt progressif, celui que l’on paye en fonction de ses capacités. Porte en une décennie d’à peine plus de 40 % des recettes fiscales jusqu’à la moitié, le produit de la TVA, impôt productif mais injuste. Supprime, ou presque, les droits de succession, pour hâter la constitution des fortunes dynastiques, celles qui se sont édifiées au cours des vingt dernières années à coups de stocks options et de parachutes dorés. Choisit l’instrument de la déduction fiscale pour encourager le développement des services à la personne alors que les citoyens les plus pauvres, non assujettis à l’impôt sur le revenu, ne peuvent en bénéficier. Réduit l’encadrement public des élèves des écoles au profit des services tarifés. Promet à la cantonade un « plan Marshall » pour les banlieues et distribue de maigres crédits au compte-goutte au point que l’on en viendrait aux mains pour en bénéficier. Applique à la politique et à la société la trop célèbre loi de la jungle des rapports de force économiques sans juge de paix, l’exact opposé d’une œuvre de civilité et de civilisation. Il nous faut tout reprendre à rebours de cette dégradation. Nous appelons tous ceux qui le souhaitent à ouvrir le chantier d’un avenir de solidarité. * Association Les Points Cardinaux Paris Publié le lundi 11 janvier 2010
par Pierre Daniel
L’association, en accord avec la philosophie du réseau, a pour objectif de placer l’égalité citoyenne au coeur du débat politique dans un espace public à construire en franchissant les frontières : égalité, solidarité entre les humains et entre les peuples, action politique européenne et dans chacune des régions du monde (Afrique, Amérique du Sud, Asie du Sud-Est …)
Notre action prend la forme :
Nous élaborons actuellement une charte européenne de l’association. Publié le lundi 3 août 2009
par Jacques TENIER
Le bureau : Président : Jacques TENIER
Secrétaire général : Abderrahim HAMMOU-KADDOUR
Trésorière : Florence SAUTEREAU
Publié le samedi 1er août 2009
Mis à jour le lundi 3 août 2009 Publié le lundi 4 janvier 2010
par Pierre Daniel
Publié le jeudi 19 février 2009
par Jacques TENIER
Mis à jour le lundi 22 juin 2009
Publié le mardi 5 décembre 2006
par Catherine Vieilledent
Mis à jour le mercredi 20 décembre 2006
Publié le lundi 19 juin 2006
Publié le mercredi 28 septembre 2005
par Jacques TENIER
Mis à jour le vendredi 28 octobre 2005
Publié le samedi 9 juillet 2005
par Jürgen Habermas, philosophe
Mis à jour le mercredi 27 juillet 2005
Publié le samedi 9 juillet 2005
par Catherine Vieilledent
Mis à jour le mercredi 27 juillet 2005
Publié le mercredi 22 juin 2005
Mis à jour le mardi 2 août 2005
Publié le lundi 6 juin 2005
Mis à jour le mercredi 27 juillet 2005
Publié le samedi 28 mai 2005
par Catherine Vieilledent
Mis à jour le mercredi 27 juillet 2005
Publié le jeudi 21 avril 2005
par Bernard Dreano
Mis à jour le mercredi 27 juillet 2005
Publié le dimanche 28 mars 2004
par Jacques TENIER
Mis à jour le vendredi 28 octobre 2005
Publié le vendredi 30 octobre 2009
par Pierre Daniel
Mis à jour le lundi 11 janvier 2010
Publié le dimanche 11 octobre 2009
Publié le jeudi 19 février 2009
par Jacques TENIER
Mis à jour le lundi 22 juin 2009
Publié le samedi 23 juin 2007
par Catherine Vieilledent
Publié le jeudi 21 juillet 2005
Mis à jour le lundi 22 juin 2009
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Mis à jour le lundi 11 janvier 2010 |